ADULTISME : L’IMPASSE RELATIONNELLE ENTRE ADULTES ET ENFANTS

Imposer à un.e enfant de rester assis.e et silencieux.se pour notre confort.

Imposer à un.e enfant par décision de justice de rester sous la garde de son parent qu’iel a pourtant accusé.e de violences.

Ne pas donner l’accès à un.e enfant à des informations, notamment concernant l’éducation à la vie sexuelle et affective et au respect de ses droits.

Hurler sur un.e enfant, lae frapper, lui faire du chantage, lae priver de repas pour lae faire obéir à notre autorité… Alors même que de telles violences seraient jugées intolérables si elles visaient une personne adulte, et que l’enfant dispose de moins de ressources pour se protéger de ces violences qu’une personne adulte.

Ces situations forment un continuum de domination à l’encontre des enfants que l’on conceptualise sous le terme d’adultisme.

L’adultisme est l’oppression systémique des enfants par les adultes. Elle s’opère dans un système de domination omniprésent qui se retrouve dans la famille, à l’école, ou encore dans la justice. Elle repose sur l’idée que les enfants sont inférieur.e.s et devraient être soumis.e.s aux adultes parce qu’iels ont besoin de la protection des adultes pour grandir.

Elle vient ainsi confondre le devoir de protection que les adultes ont envers les enfants avec le droit que les adultes prennent sur les enfants pour les contrôler et les dominer.

Alors que les enfants (et les adultes) ont besoin d’une véritable relation avec leurs figures d’attachement pour construire leur sécurité affective, l’adultisme vient abîmer cette relation en la confondant avec un rapport de domination.

La domination vécue enfant peut avoir de lourdes conséquences : troubles de l’attachement, difficultés à entrer en relation, amour de soi, estime de soi et confiance en soi fragiles, difficultés à connaître et poser ses limites, à reconnaître et s’extraire d’une situation de violence, troubles du comportement alimentaire, addictions…

La domination adulte abîme, blesse, et tue, non seulement les enfants actuel.le.s, mais aussi les enfants qui ont grandi, et qui porteront en elleux le poids de ces blessures d’enfance.

Notre responsabilité envers les enfants n’implique pas que nous ayons le droit de porter atteinte à leur intégrité, leur dignité et plus largement à leurs droits.

On ne fait pas du mal à un.e enfant pour son bien. Jamais la violence tant physique que psychologique ne sera de l’amour.

Cette étude vise ainsi à explorer en quoi l’adultisme impacte la sécurité affective et des enfants et des adultes, abîmant leur relation pour en faire un rapport de domination.

Transparentalités et pratiques de soins : repenser l’accompagnement de la grossesse

Dans cet entretien, Claire Caron, maïeuticienne et sexologue clinicienne, discute l’accompagnement actuel des grossesses trans*. Elle analyse comment ces grossesses sont invisibilisées et souvent perçues comme exceptionnelles, ce qui peut générer des violences dans les pratiques de soins. À travers son mémoire, elle propose des pratiques d’accompagnement inclusives, centrées sur le respect des identités, du langage et du consentement, qui, loin d’être spécifiques, pourraient bénéficier à l’ensemble des patient·e·x·s. Plus largement, elle montre que penser les grossesses trans* permet de questionner les normes médicales et sociales, de repenser la parentalité et d’ouvrir de nouveaux imaginaires du « faire famille », en dépassant les modèles traditionnels et en recentrant les pratiques sur les besoins des personnes.

Quand la fiction sert d’alibi : Bastien Vivès et le refus de penser la représentation

Le dessinateur Bastien Vivès est accusé par la justice française de représenter de manière problématique des violences sexuelles sur mineur·es dans plusieurs de ses BD. Le discours médiatique (notamment dans Le Monde) autour de ce sujet a tendance à inverser les rôles en présentant l’auteur comme victime, à disqualifier les critiques en les accusant de confusion entre fiction et réalité, et à instrumentaliser la liberté d’expression pour protéger un ordre culturel établi. Cette analyse souligne que la fiction n’est jamais neutre : elle participe en effet à la construction du réel et ne saurait servir d’alibi pour éviter toute responsabilité éthique ou politique.

Travail mémoriel des femmes* : entre aliénation et résistances

La mémoire n’est ni innée ni neutre : elle est une compétence qui s’apprend, se cultive et se transmet, bien souvent de mère en fille. À ce titre, elle recèle un potentiel profondément féministe. Quels récits, quelles normes et quelles résistances circulent à travers ces transmissions ? Et comment penser la mémoire autrement, à partir de perspectives queer et décoloniales, pour transformer notre rapport au temps, aux autres et au vivant ?

“Faire famille” sans le romantisme ?

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BlaBlaClasses : Au nom de la sécurité

D’octobre 2025 à juin 2026, les ateliers BlablaClasses questionneront le concept de sécurité et son impact politique. Nous aborderons, entre autres, les thèmes de l’enfermement, de l’autoritarisme et des violences systémiques en adoptant des points de vue féministe, anticapitaliste et décolonial.Nous nous interrogerons aussi sur la manière dont les discours Lire la suite

La police de proximité : une réforme en échec ?

La police de proximité, instaurée en Belgique dans les années 1990 pour rapprocher police et population, reste surtout théorique et privilégie la présence spatiale plutôt que le lien social. Dans ce cadre, les tensions persistent, notamment avec les brigades UNEUS ou Vélo qui renforce la répression au lieu d’améliorer les relations. En somme, cette situation questionne, la police de proximité est-elle envisageable ?

Les nouvelles voix de l’extrême droite, du féminisme au racisme : Le cas du collectif Némésis

Les discours d’extrême droite s’articulent autour du nationalisme, de l’obsession pour la sécurité et l’identité nationale, ainsi que d’un racisme décomplexé et d’un conservatisme affirmé (Corcuff, 2021). Dans ce contexte de banalisation de ces idées, le collectif Némésis, fondé en 2019 en France, se revendique « féministe » tout en adoptant des positions identitaires, proches de l’extrême droite. Cette analyse vise à montrer comment Némésis détourne les revendications féministes pour légitimer un discours raciste, xénophobe et islamophobe, en rupture avec les autres luttes féministes.

Travail du sexe, féminisme et capitalisme: enjeux politiques et militants avec Klou

Dans cette interview, Klou, travailleuse du sexe et autrice de Bagarre érotique, partage son parcours et son regard sur les liens entre travail du sexe, féminisme et capitalisme. Elle y raconte comment son expérience personnelle a nourri une réflexion politique autour des stigmates, des droits sociaux, mais aussi des formes de résistance et de solidarité créées par les TDS. Entre témoignage intime et analyse critique, cette rencontre éclaire un métier souvent invisibilisé et invite à repenser nos représentations, elle illustre ainsi la dimension profondément politique du TDS, à la croisée des oppressions mais aussi des résistances.

Répondre aux situations de préjudice en milieu militant. Recherche participative sur la nécessité d’une prise en charge collective

Bien que l’on puisse les idéaliser, les penser (ou les vouloir) inclusifs, bienveillants, safe, justes ou égalitaires, les espaces militants, comme tous les endroits où ont lieu des relations entre humain·es, sont traversés par des situations de conflit et de préjudice. Cette recherche participative s’intéresse à la manière dont les collectifs militants — féministes, queer et de gauche — réagissent face à des comportements jugés oppressifs au sein de leurs propres espaces.